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UNE MAIN
11/11/2010 12:38
Qu'est-ce qu'une main, en somme, cinq doigts, ma foi, qui s'agitent en tous sens quelquefois.
L'index dresse son regard dur, inquisiteur, acariâtre, autoritaire, instructeur car il bat la mesure du commandement ; l'heure n'est plus à la candeur d'un doux moment.
Le majeur, paisible, de la main tient le milieu ; de toutes ces querelles, il est à mille lieues. Il est l'intermédiaire et le médiateur ; il préfère souvent demeurer en spectateur.
L'annulaire recherche les alliances. D'un anneau, il accorde sa confiance. Gai, accueillant, il est friand de compagnie. L' Amour, il l'adore et parfois le renie.
L'auriculaire se tient près de l'oreille pour écouter les leçons et les merveilles. Petit doigt, lutin, il connaît les mystères, tous les trésors ensevelis de la terre.
Quant au pouce, fièrement il se démarque. Présomptueusement, il fixe ses marques. Juge impassible et froid des gladiateurs, il gracie ou condamne les pauvres acteurs.
Qu'est-ce qu'une main ? poing fermé ou ouvert main tendu ou bien repliée, à revers, main en colère, armée, main maudissante, main soumise, démunie, main implorante.
Main chaude, franche et réconfortante, tu t'appuies sur l'amour et sur l'espérance ; tu t'ouvres et te donne en toute confiance.
Main froide, sèche, incolore, revêche, c'est par omission de coeur que tu pêches. Tu te recroquevilles alors, pauvre lâche.
Qu'est-ce cette main, posée là, sur la table ? De quoi aujourd'hui, est-elle capable ? Cette main-ci n'est-elle pas coupable sous des dehors, ma foi, par trop agréables ?
Main qui donne, main qui reçoit, poignée de main. Main qui blesse, main blessée, que sera ton demain ? Main secourable, main secourue, ingénue ? Main insondable, gantée ou bien toute nue.
Qu'est-ce donc qu'une main et quels sont ses desseins ? Ne nourrit-elle pas des projets assassins ? A-t-elle la chaleur, la caresse d'un sein ? Peut-on lui accorder la valeur d'un blanc-seing ?
Michèle
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LES MOTS
11/11/2010 16:10
Simplement vingt six toutes petites lettres pour modifier la vie de tous les êtres.
Vingt six toutes petites lettres se rassemblent, forment un alphabet, forment un ensemble. Elles se cotoyent et elles s'harmonisent ; elles s'attirent, elles s'idéalisent.
Puis elles se raccrochent les uns aux autres comme des wagonnets, comme des apôtres, chargées d'une mission, chargées d'un message, uniques représentantes d'un passage.
Petites lettres qui s'assemblent, s'épousent en petits groupes ; deux, quatre, dix ou douze petites lettres qui forment ainsi es mots, liens entre les hommes, nous les Grands Animaux.
Car les mots sont des cordons invisibles rendant ainsi nos contacts humains possibles, porteurs de paroles acides ou sages depuis des lustres, depuis les premiers âges.
Les mots, témoins, de simples passerelles qui chantent la vie, chantent la ritournelle, à la fois musique, paroles et chansons, ils accordent notre humeur à l'unisson.
Les mots sont des souverains, des seigneurs, des rois. Ils régentent notre existence, nos droits. Ils colorent notre âme de tristesse ou alors emplissent notre coeur de liesse.
Les mots sont capables du meilleur, du pire. La joie, la fureur se disputent l'Empire. Tantôt, ils apportent gaieté et réconfort. De la haine sont les rempart, les contreforts.
Tantôt redoutables comme d'âpres guerriers armés de propos agressifs et rancuniers, ils brandissent leurs morgues comme des épées. Ils vomissent du fiel, un venin très épais.
Les mots sont les boucliers de nos sentiments ; semeurs d'amour, de tendresse ou de tourments, maîtres du bonheur ou bien père de nos maux. Gardons-nous de nos paroles, gardons-nous des mots !
Michèle
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LE MONDE
11/11/2010 16:25
Le monde se languit dans l'immobilisme inerte et empêtré dans l'attentisme ; il est si lourd ; c'est une masse informe. Il se traîne car il a perdu ses normes.
Mollusque, monstre, hydre tentaculaire, ta vie est tronquée, ta vie est parcellaire. Là, dans ton brouillard, tu es dans les abysses, désespérément, au fond, jamais ne te hisses.
Tu glisses sur le sable de ta solitude où t'entraînent tes énormes tentacules. Tu erres et tu déambules dans ta nuit où plus jamais, désormais, le soleil ne luit.
Sans bruit, tes jours s'écoulent médiocrement et sans aucun espoir, imperturbablement. Tu te résignes dans ta peine, ta douleur, n'osant espérer la lumière du bonheur.
Car depuis si longtemps, tu vis écartelé. Dans des frontières tes peuples sont muselés ; tes grosses tentacules sont innombrables ; elles s'ignorent ; elles sont dissemblables.
Monde, quand rassembleras-tu tout ton être pour voir enfin le soleil, le reconnaître, vivre en plein jour et en pleine lumière, en harmonie sur la Terre entière ?
Michèle
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INSENSE
11/11/2010 16:34
Homme, tu es un passager qui franchit d'un pas léger ton parcours sur la terre, ignorant ce que tu dois faire.
Alors tu t'agites souvent te laissant porter par le vent, vent de folie, vent des hommes, fétus de paille en somme.
Tu parles et tu crois vivre. Ton coeur va à la dérive. Luciole, tu t'Illusionnes ; ton coeur crie ; ton coeur résonne.
Que fais-tu t comment vis-tu ? Tu ne le sais même plus. Tu vis dans l'instant, simplement, dévoré par tes tourments.
Tu ne réfléchis même plus car ta pensée a disparu dans le vent de l'inutile, envolée en cris futiles.
Passager de la Terre, apprends-tu à te taire, à regarder, à écouter. Apprends-tu la sérénité ?
Michèle
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L'INCOMMUNICABLE
11/11/2010 16:48
Laisse ton coeur en paix et laisse-le vivre ; laisse ton coeur en paix en paix et ne sois plus ivre. La vie est de l'eau, calme, laisse-la couler. Laisse-la défiler et laisse-la rouler.
Ne trébuche pas, blessé, sur chaque pierre. Ne laisse pas ton coeur en friches, en jachère. Oui, tu te heurteras à l'incompréhension invariablement, n'y fais pas attention.
Tu ne pourras jamais vraiment communiquer ce que tu ressens car personne n'a la clé du tiroir secret de ton coeur, de ses émois, de l'incommunicable caché, de ton moi.
Puisque chaque être est plusieurs à la fois et ne peut livrer qu'une parcelle de soi aux autres, à ceux qu'il aime ou n'aime pas. De l'ineffable, il ne peut franchir le pas.
Loquace ou discret, il est toujours muet. Sur l'essentiel, ce qui le touche, il se tait. Aucun mot ne peut fidèlement traduire ce qui peut l'agresser ou bien le séduire.
Il est toujours seul, même entouré, aimé. L'émotion, la douleur, il ne peut l'exprimer.
Michèle
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