Le temps, le temps passe ;
le temps laisse des traces.
Traces indéchiffrables,
des traces innombrables.

Traces de fourmis ou de géant,
elles se perdent dans le NEANT,
emportées vers l'infini
où plus rien n'est défini.

La fin est le commencement ;
le début est l'aboutissement ;
et puis le temps n'a plus de temps.
C'est un éternel printemps...

Mais notre temps est divisé
pour nous, hommes avisés.
Nous poursuivons notre chemin
toujours en songeant à demain.

Nous forgeons notre place,
éternelle et fugace,
en quête d'éternité,
dans la précarité.

Nous accrochant au dérisoire,
nous fixant à l'accessoire,
nous imprimons notre passage
dans le temps : quel outrage !

Le temps, fluide comme le vent
se moque de ces bruits au vent ;
il déferle telle la vague ;
il ondule, il divague...

Il se dissout dans l'écume ;
c'est à peine si on l'hume
car il est impalpable.
Il est insaisissable.

Temps d'aujourd'hui, temps de demain,
on ne peut lui tendre la main...
Michèle