Ma tête est dans les brumes
d'un monde qui là s 'enfume,
d'un monde pris dans le brasier,
d'un monde non rassasié.

Le monde gémit et pleure
car sa vie n'est plus qu'un leurre,
une espérance déçue
sa vie est sans dessus dessous.

Le monde est là ; il attend.
De la vie, il espère tant...
Aujourd'hui désarticulé,
il soupire écartelé.

Son grand corps tellement meurtri,
son grand corps n'a plus de patrie.
Il est là, gisant, il souffre
car il est au bord du gouffre.

Ses bras et puis tout son être
ne peuvent plus reconnaître
dans cette folie le chemin
qui les délivrerait demain.

Le monde alors malade,
perdu dans ses barricades,
ne sait comment s'échapper,
ne sait plus retrouver la Paix.

Et, blessé, il se suicide ;
il se jette dans le vide ;
il se jette tête baissée,
ne peut crier : " assez !, assez !"

Il se jette dans sa folie,
boit le poison jusqu'à la lie,
endurant mille supplices ;
sa vie est un sacrifice.

Au prix de ces atrocités,
vivra-t-il la sérénité,
le calme, la douceur, un jour ?
Connaîtra-t-il enfin l'Amour ?
Michèle