Le monde se languit dans l'immobilisme
inerte et empêtré dans l'attentisme ;
il est si lourd ; c'est une masse informe.
Il se traîne car il a perdu ses normes.
Mollusque, monstre, hydre tentaculaire,
ta vie est tronquée, ta vie est parcellaire.
Là, dans ton brouillard, tu es dans les abysses,
désespérément, au fond, jamais ne te hisses.
Tu glisses sur le sable de ta solitude
où t'entraînent tes énormes tentacules.
Tu erres et tu déambules dans ta nuit
où plus jamais, désormais, le soleil ne luit.
Sans bruit, tes jours s'écoulent médiocrement
et sans aucun espoir, imperturbablement.
Tu te résignes dans ta peine, ta douleur,
n'osant espérer la lumière du bonheur.
Car depuis si longtemps, tu vis écartelé.
Dans des frontières tes peuples sont muselés ;
tes grosses tentacules sont innombrables ;
elles s'ignorent ; elles sont dissemblables.
Monde, quand rassembleras-tu tout ton être
pour voir enfin le soleil, le reconnaître,
vivre en plein jour et en pleine lumière,
en harmonie sur la Terre entière ?
Michèle