Simplement vingt six toutes petites lettres
pour modifier la vie de tous les êtres.
Vingt six toutes petites lettres se rassemblent,
forment un alphabet, forment un ensemble.
Elles se cotoyent et elles s'harmonisent ;
elles s'attirent, elles s'idéalisent.
Puis elles se raccrochent les uns aux autres
comme des wagonnets, comme des apôtres,
chargées d'une mission, chargées d'un message,
uniques représentantes d'un passage.
Petites lettres qui s'assemblent, s'épousent
en petits groupes ; deux, quatre, dix ou douze
petites lettres qui forment ainsi es mots,
liens entre les hommes, nous les Grands Animaux.
Car les mots sont des cordons invisibles
rendant ainsi nos contacts humains possibles,
porteurs de paroles acides ou sages
depuis des lustres, depuis les premiers âges.
Les mots, témoins, de simples passerelles
qui chantent la vie, chantent la ritournelle,
à la fois musique, paroles et chansons,
ils accordent notre humeur à l'unisson.
Les mots sont des souverains, des seigneurs, des rois.
Ils régentent notre existence, nos droits.
Ils colorent notre âme de tristesse
ou alors emplissent notre coeur de liesse.
Les mots sont capables du meilleur, du pire.
La joie, la fureur se disputent l'Empire.
Tantôt, ils apportent gaieté et réconfort.
De la haine sont les rempart, les contreforts.
Tantôt redoutables comme d'âpres guerriers
armés de propos agressifs et rancuniers,
ils brandissent leurs morgues comme des épées.
Ils vomissent du fiel, un venin très épais.
Les mots sont les boucliers de nos sentiments ;
semeurs d'amour, de tendresse ou de tourments,
maîtres du bonheur ou bien père de nos maux.
Gardons-nous de nos paroles, gardons-nous des mots !
Michèle