La nuit, tous les êtres deviennent des ombres,
fantômes d'une obscurité trsè sombre,
passager d'une pénombre attristante
traînant lamentablement leur existence.

Courbés sous leur tristesse intérieure,
ils n'affichent plus leur joie extérieure
car protégés par le masque de la nuit,
libres, ils peuvent s'épancher sur leurs ennuis.

Le visage fermé, vivent sur leurs peines ;
leurs désirs inassouvis chargés de haine,
de rancoeur, de regrets, de chimères déçues
et de tous les écueils tendus qu'ils n'ont pas vus.

La nuit se couche sur toutes les misères
comme un coeur silencieux qui se serre.

Parfois, pourtant, certains passagers de la nuit
vont maquiller leur coeur pour tromper leur ennui ;
ils travestissent leur tristesse en fête ;
ils accrochent un sourire à leur tête.

Pour un soir, ils effacent, cachent leur douleur
sous des excès de rire, gage de bonheur ;
soudain ragaillardis, provisoirement
ils deviennent gais miraculeusement.

Happés par des lumières artificielles
ils découvrent une joie superficielle ;
ils noyent leurs soucis dans les cris, le tumulte
et le bruit ;il faut bien que le corps exulte...

Ils adoptent de nouveaux masques de gaieté.
Comme en plei jour, ils cachent leur vérité.

La nuit révèle des fantômes de peine
évanouis sous une masse humaine
qui, à son tour, pour vaincre son désespoir
invente des jours meilleurs, inventent l' Espoir !
Michèle