Mon coeur est triste, mon coeur est emprisonné,
incarcéré dans une cage, cloisonné
dans une prison immense, invisible,
sans barreau apparent ; mais sur une cible
illusoire, il se cogne et se blesse.
Tout l'assaille, tout le tient et tout l'agresse.

Il est contre son gré, silencieux et présent ;
mais au fond de lui-même, il est absent.
Il est là, mais voudrait être si loin, ailleurs ;
il se sent attaché et privé du meilleur,
retenu par des liens indicibles, ténus
où son âme ne peut être mise à nu.

Il doit refouler tout e qui le tient à coeur...
Bavarder, rire, parler pour avoir moins peur
de choses et d'autres, de mille ptits riens.
L'essentiel est secret, l'essentiel a des liens.

Ainsi chacun est prisonnier de lui-même :
il doit taire en profondeur ce qu'il aime.
Michèle