Perdue dans mon île, ma tête se vide ;
poisson hors de l'eau, pareille à l'ide,
naufragée sur le sable blanc, je dérive,
je suffoque, allongée sur cette rive.

Cette rive m'est tellement étrangère.
Là, je ne suis qu'une humble passagère
qi attend le retour des flots pour l'emporter,
m'emporter au large d'un éternel été...

Je rêve de flots bleux, d'un e mer immense
où je pourrai enfin retrouver l'aisance,
nager dans ma vie et dans ma renaissance.
J'attends, j'attends cette nouvelle naissance.

Je rêve de cet ailleurs, nouveau, inconnu ;
je rêve naïvement, pauvre ingénue ;
je rêve de mon avenir qui avance ;
je rêve toujours car je vis d'espérance.

Et parfois sur ce sable, je prophétise
des jours heureux, tendres que j'idéalise...
car déjà en moi ce présent-là s'efface,
léché par l'écume du futur qui l'embrasse.

Les douces vaguelettes de la vie détruisent
ce que les jours présents faiblement construisent ;
elles rongent nos heures et les emportent
au loin, à tout jamais, sous bonne escorte.

Et jour après jour, petites funérailles
absorbent les murs de notre vie qui défaille,
vie qui s'évanouit dans un profond passé
et dans les flots du futur se laisse enlacer...
Michèle