Il ne se voit pas car il est invisible ;
il ne s'entend pas car il est inaudible ;
il est invendale, il n'a pas de prix ;
inné, unique et fort, nul ne l'a appris.

Souple, léger comme une plume au vent,
impalpable, ténu, il vit de l'air du temps ;
fragile O combien, tel un petit oiseau,
il peut se briser les ailes, hélàs, l'oiseau.

Toujours sur le point de s'enfuir, de s'envoler,
très épris de liberté, liberté volée,
il est prêt à nous quitter sans crier gare,
à nous abandonner en pleine bagarre.

Il ne laisse alors derrière lui que pleurs,
angoisse, soucis, ennuis, craintes et malheurs.
Il laisse le froid glacial de son absence ;
il enlève de ses ailes l'espérance.

Quelquefois, pourtant, il passe inaperçu ;
qu'est-il donc devenu, personne ne l'a su ;
déçu, personne ne lui a fait confiance,
a disparu, battu par l'indifférence.

C'est un parfum subtil venu de l'intérieur,
un état d'esprit joyeux, un coeur rireur.
Il faut savoir l'écouter, savoir l'entendre,
savoir enlacer ses bras qui vont se tendre.

Il faut l'aimer avant de le connaître ;
ainsi en nous doucement il pourra naître
et grandir dans un climat de sérénité.
Bonheur : notre quête, notre félicité.
Michèle