Là, emportés par le flux,
dans cette vague de vie
des hommes naissent à la vie.
La vie jaillit, la vie afflue...

Et débarqués sur le sable
ils sortent de l'écume ;
ils sortent de la brume,
tout éblouis, pauvres diables.

Un jour des êtres naissent,
fruits de l'eau, fruits de l'onde,
quand au loin la mer gronde
des êtres apparaissent...

Autant de goutelettes d'eau
jaillissent de l'écume,
des grands fonds la vie écume,
éternel, somptueux cadeau.

Flux furieux de la vie
délaissant sur la plage
les efforts du Grand Large,
les efforts puissants de la vie.

C'est la marée montante,
de grands chevaux au galop
apportant un superbe lot,
c'est la marée naissante.

Bientôt la mer se retire
tout doucement à pas feutrés ;
il est bientôt temps de rentrer ;
bientôt la mer se déchire.


Déjà la vie nous emporte
et la mer nous abandonne
et la vie, qu'on lui pardonne,
au loin ferme ses portes.
Michèle