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ATTENTE
11/11/2010 11:14
J'attends, j'attends, j'attends que cesse le mauvais temps, toutes mes inquiétudes, revienne ma quiétude !
Perdue dans les brumes, mon être s'enfume ; pris dans la tourmente, il est là, il serpente.
Du temps, il est prisonnier ; le temps est son geôlier ; il ne peut rien faire. Il ne peut que se taire.
Alors il écoute et parfois il doute et puis il dénonce de la vie les ronces.
Déjà tout content, il nie le mauvais temps. Il crie sa confiance. Il crie son espérance.
Michèle
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LE PRINTEMPS
11/11/2010 11:31
Au loin, dans un ciel encor gris, un vol d'oiseaux, ils s'approchent de la terre et des roseaux et puis ils montent, ils tournoient, ils virevoltent réveillant la nature engourdie, inerte.
De petits cris implorent le soleil caché qui, trop paresseux, reste volontiers couché sous un édredon de nuages de coton ; mais les oiseaux intrépides donnent le ton...
Comme de très jeunes enfants, ils babillent, parlent à la Nature : " qu'elle s'habille !" Il est grand temps maintenant de se réveiller. Il faut s'activer grandement : il faut veiller !
Car il faut célébrer la fête du Printemps, laisser de côté les haillons du mauvais temps. La terre blanchie se réchauffe peu à peu. Le Grand Soleil plein de sommeil fait ce qu'il peut....
Mais de jour en jour devient plus volontaire ; il apporte une chaleur salutaire ; le vent, son allié, chasse les nuages. Les grands pleurs du ciel sont bientôt mis en cage.
Les arbres dénudés et fantomatiques aspirent à leur tour à changer d'optique. Ils paraissent morts, dévêtus, immobiles mais au bout de leurs branches naissent des îles...
Des îles vertes qui grandissent à vue d'oeil. Belle Dame Nature n'est plus en deuil ; comme une jeune fiancée se pare, Cendrillon, pour son premier bal, se prépare...
Elle quitte à tout jamais ses guenilles pour redevenir une très jolie fille et tout habillée de verdure et de fleurs, ses vêtements sont cousus d'espoir et de bonheur.
Elle a pour carrosse l'escorte des oiseaux qui gazouillent comme le murmure des eaux. Ils annoncent bien naïvement le Printemps, le Prince Charmant des beaux jours et du beau temps.
Michèle
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L'AUTOMNE
11/11/2010 12:07
Et les feuilles de l'Automne tourbillonnent ; elles emportent d'une façon brouillonne les folles caresses brûlantes de l' Eté, la rage du soleil, son éclat, sa clarté.
Elles emportent les rires, l'insouciance, les rendez-vous furtifs de l'adolescence ; elles balaient les doux secrets éphémères, les confidences devenues prisonnières d'un temps révolu, d'un temps déjà dépassé. Le plaisir va mourir ;la folie a passé.
Elles entraînent avec elles la gaieté qui va bientôt s'évanouir avec l'été ; cet été finissant, l'été agonisant qui pourtant renaît de ses cendres tous les ans.
Et les feuilles de l'Automne tourbillonnent ; elles emportent d'une façon brouillonne les rêves, les espoirs, les douces illusions ; l 'Eté est parti. C'est une autre vision.
Un nouveau chant se profile à l'horizon dans l'air refroidi, une nouvelle saison; l'Automne va remplacer doucement l'été. Dans sa tiédeur, l'Automne a sa vraie beauté.
Il se pare de couleurs brune et dorées que le vent vient subrepticement adorer d'un léger frisson, d'une tendre caresse comme à une amante que l'on laisse au petit matin décoiffée et rieuse. L' Automne apporte des journées pluvieuses.
Le soleil paresseux de briller trop longtemps, préfère alors se cacher quelques temps sous un édredon épaissi de nuages car il n'est plus temps de faire des ravages.
Loin des outrages, des morsures cuisantes, il approche la jeunesse finissante ; il est moins ardent, vaillant, impétueux car doucettement, il devient plus vertueux.
Il ne brûle plus mais il réchauffe pourtant comme un coeur affectueux qui aime tant, qui offre sans compter toute sa tendresse au coeur malheureux, à l'âme en détresse.
L' Automne a remplacé peu à peu l'été. Dans sa douceur, l'Automne a sa vraie beauté.
Michèle
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UNE MAIN
11/11/2010 12:38
Qu'est-ce qu'une main, en somme, cinq doigts, ma foi, qui s'agitent en tous sens quelquefois.
L'index dresse son regard dur, inquisiteur, acariâtre, autoritaire, instructeur car il bat la mesure du commandement ; l'heure n'est plus à la candeur d'un doux moment.
Le majeur, paisible, de la main tient le milieu ; de toutes ces querelles, il est à mille lieues. Il est l'intermédiaire et le médiateur ; il préfère souvent demeurer en spectateur.
L'annulaire recherche les alliances. D'un anneau, il accorde sa confiance. Gai, accueillant, il est friand de compagnie. L' Amour, il l'adore et parfois le renie.
L'auriculaire se tient près de l'oreille pour écouter les leçons et les merveilles. Petit doigt, lutin, il connaît les mystères, tous les trésors ensevelis de la terre.
Quant au pouce, fièrement il se démarque. Présomptueusement, il fixe ses marques. Juge impassible et froid des gladiateurs, il gracie ou condamne les pauvres acteurs.
Qu'est-ce qu'une main ? poing fermé ou ouvert main tendu ou bien repliée, à revers, main en colère, armée, main maudissante, main soumise, démunie, main implorante.
Main chaude, franche et réconfortante, tu t'appuies sur l'amour et sur l'espérance ; tu t'ouvres et te donne en toute confiance.
Main froide, sèche, incolore, revêche, c'est par omission de coeur que tu pêches. Tu te recroquevilles alors, pauvre lâche.
Qu'est-ce cette main, posée là, sur la table ? De quoi aujourd'hui, est-elle capable ? Cette main-ci n'est-elle pas coupable sous des dehors, ma foi, par trop agréables ?
Main qui donne, main qui reçoit, poignée de main. Main qui blesse, main blessée, que sera ton demain ? Main secourable, main secourue, ingénue ? Main insondable, gantée ou bien toute nue.
Qu'est-ce donc qu'une main et quels sont ses desseins ? Ne nourrit-elle pas des projets assassins ? A-t-elle la chaleur, la caresse d'un sein ? Peut-on lui accorder la valeur d'un blanc-seing ?
Michèle
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LES MOTS
11/11/2010 16:10
Simplement vingt six toutes petites lettres pour modifier la vie de tous les êtres.
Vingt six toutes petites lettres se rassemblent, forment un alphabet, forment un ensemble. Elles se cotoyent et elles s'harmonisent ; elles s'attirent, elles s'idéalisent.
Puis elles se raccrochent les uns aux autres comme des wagonnets, comme des apôtres, chargées d'une mission, chargées d'un message, uniques représentantes d'un passage.
Petites lettres qui s'assemblent, s'épousent en petits groupes ; deux, quatre, dix ou douze petites lettres qui forment ainsi es mots, liens entre les hommes, nous les Grands Animaux.
Car les mots sont des cordons invisibles rendant ainsi nos contacts humains possibles, porteurs de paroles acides ou sages depuis des lustres, depuis les premiers âges.
Les mots, témoins, de simples passerelles qui chantent la vie, chantent la ritournelle, à la fois musique, paroles et chansons, ils accordent notre humeur à l'unisson.
Les mots sont des souverains, des seigneurs, des rois. Ils régentent notre existence, nos droits. Ils colorent notre âme de tristesse ou alors emplissent notre coeur de liesse.
Les mots sont capables du meilleur, du pire. La joie, la fureur se disputent l'Empire. Tantôt, ils apportent gaieté et réconfort. De la haine sont les rempart, les contreforts.
Tantôt redoutables comme d'âpres guerriers armés de propos agressifs et rancuniers, ils brandissent leurs morgues comme des épées. Ils vomissent du fiel, un venin très épais.
Les mots sont les boucliers de nos sentiments ; semeurs d'amour, de tendresse ou de tourments, maîtres du bonheur ou bien père de nos maux. Gardons-nous de nos paroles, gardons-nous des mots !
Michèle
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