Au loin, dans un ciel encor gris, un vol d'oiseaux,
ils s'approchent de la terre et des roseaux
et puis ils montent, ils tournoient, ils virevoltent
réveillant la nature engourdie, inerte.
De petits cris implorent le soleil caché
qui, trop paresseux, reste volontiers couché
sous un édredon de nuages de coton ;
mais les oiseaux intrépides donnent le ton...
Comme de très jeunes enfants, ils babillent,
parlent à la Nature : " qu'elle s'habille !"
Il est grand temps maintenant de se réveiller.
Il faut s'activer grandement : il faut veiller !
Car il faut célébrer la fête du Printemps,
laisser de côté les haillons du mauvais temps.
La terre blanchie se réchauffe peu à peu.
Le Grand Soleil plein de sommeil fait ce qu'il peut....
Mais de jour en jour devient plus volontaire ;
il apporte une chaleur salutaire ;
le vent, son allié, chasse les nuages.
Les grands pleurs du ciel sont bientôt mis en cage.
Les arbres dénudés et fantomatiques
aspirent à leur tour à changer d'optique.
Ils paraissent morts, dévêtus, immobiles
mais au bout de leurs branches naissent des îles...
Des îles vertes qui grandissent à vue d'oeil.
Belle Dame Nature n'est plus en deuil ;
comme une jeune fiancée se pare,
Cendrillon, pour son premier bal, se prépare...
Elle quitte à tout jamais ses guenilles
pour redevenir une très jolie fille
et tout habillée de verdure et de fleurs,
ses vêtements sont cousus d'espoir et de bonheur.
Elle a pour carrosse l'escorte des oiseaux
qui gazouillent comme le murmure des eaux.
Ils annoncent bien naïvement le Printemps,
le Prince Charmant des beaux jours et du beau temps.
Michèle