Et les feuilles de l'Automne tourbillonnent ;
elles emportent d'une façon brouillonne
les folles caresses brûlantes de l' Eté,
la rage du soleil, son éclat, sa clarté.
Elles emportent les rires, l'insouciance,
les rendez-vous furtifs de l'adolescence ;
elles balaient les doux secrets éphémères,
les confidences devenues prisonnières
d'un temps révolu, d'un temps déjà dépassé.
Le plaisir va mourir ;la folie a passé.
Elles entraînent avec elles la gaieté
qui va bientôt s'évanouir avec l'été ;
cet été finissant, l'été agonisant
qui pourtant renaît de ses cendres tous les ans.
Et les feuilles de l'Automne tourbillonnent ;
elles emportent d'une façon brouillonne
les rêves, les espoirs, les douces illusions ;
l 'Eté est parti. C'est une autre vision.
Un nouveau chant se profile à l'horizon
dans l'air refroidi, une nouvelle saison;
l'Automne va remplacer doucement l'été.
Dans sa tiédeur, l'Automne a sa vraie beauté.
Il se pare de couleurs brune et dorées
que le vent vient subrepticement adorer
d'un léger frisson, d'une tendre caresse
comme à une amante que l'on laisse
au petit matin décoiffée et rieuse.
L' Automne apporte des journées pluvieuses.
Le soleil paresseux de briller trop longtemps,
préfère alors se cacher quelques temps
sous un édredon épaissi de nuages
car il n'est plus temps de faire des ravages.
Loin des outrages, des morsures cuisantes,
il approche la jeunesse finissante ;
il est moins ardent, vaillant, impétueux
car doucettement, il devient plus vertueux.
Il ne brûle plus mais il réchauffe pourtant
comme un coeur affectueux qui aime tant,
qui offre sans compter toute sa tendresse
au coeur malheureux, à l'âme en détresse.
L' Automne a remplacé peu à peu l'été.
Dans sa douceur, l'Automne a sa vraie beauté.
Michèle