Tous les jours des gens meurent ;
je suis là, je demeure
accrochée à ma chaîne ;
la vie est là qui m'entraîne
dans sa folie, son tourbillon
où je creuse mon doux sillon.

Tous les jours des gens meurent ;
je suis là, je demeure
fragile dans la tourmente,
dans la foule qui me hante,
qui m'attire, me repousse,
moi, la sauvage, la douce,
dans cette mer humaine,
la vie est là qui m'entraîne.

Tous les jours des gens meurent ;
je suis là, je demeure.

Goutte d'eau de la vague,
emportée, je divague
contre les rochers de la vie,
contre les blocs de mes envies ;
je vis dans cette mouvance ;
j'ai peur et j'ai confiance.

Tous les jours des gens meurent ;
je suis là, je demeure;

Grains de sable d'une dune,
je suis plusieurs ; je suis une.

Je participe au Grand Tout.

Mais il faudra que je meure
pour que d'autres demeurent.

Goutte d'eau qui vient mourir,
grain de sable s'évanouir,
sur la mer ou sur la dune,
la vie est une fortune.
Michèle