On vient au monde ; on jette son premier cri à la vie ; on est étonné et on s'écrie. Ingrat envers la vie qui nous accueille, on veut oublier celle qui nous accueille.
Dès le premier jour, on commence à pleurer et on embrasse la vie comme à regret ; et puis grandissant on continue à geindre, à maugréer, à maudire, à se plaindre de nos tracas, nos soucis et nos douleurs, travestis sous d'irrémédiables malheurs. On condamne nos tourments, nos moindres peines car envers la vie on n'a que de la haine, de la peur, de l'oubli et aussi du mépris. On veut ignorer ce qu'elle nous a appris, ce qu'elle nous offre, ce qu'elle nous donne. A la colère, souvent on s'abandonne.
Se détournant de ses beautés, ses richesses, on brime tout son coeur de tant d'allégresses et on oublie de l'aimer naturellement. On oublie de la remercier tout simplement.
Petit poisson rouge évoluant dans ton bocal, tu vis dans ton petit monde sans idéal. Tu tournes toujours et retournes sans cesse ; dans cette agitation, tu n'as de cesse.
Ton univers est plane et sans horizon. Tu tournes désespérément dans ta maison, bien isolé de tout entre le ciel et l'eau. La monotonie des jours est aussi ton lot.
Tu tournes en rond ; tu es si lamentable. Ton univers étroit est si pitoyable dans ce bocal circulaire, minuscule. Ta vie n'est pas écrite en majuscules.
Tu tournes toujours et un jour tu passeras. De ton piètre destin, nul ne s'en souviendra ; et ton eau protègera un autre poisson... Ainsi en va-t-il des hommes et des poissons.
Michèle
Commentaire de bipolaire (29/11/2010 22:59) :
Sans doute limitatif en titi, cet article, mais je dois y reconnaître le
reflet lucide de la majorité actuelle de nos concitoyens..!:) Bonne et
douce semaine à toi, Alain***
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