On vient au monde ; on jette son premier cri
à la vie ; on est étonné et on s'écrie.
Ingrat envers la vie qui nous accueille,
on veut oublier celle qui nous accueille.
Dès le premier jour, on commence à pleurer
et on embrasse la vie comme à regret ;
et puis grandissant on continue à geindre,
à maugréer, à maudire, à se plaindre
de nos tracas, nos soucis et nos douleurs,
travestis sous d'irrémédiables malheurs.
On condamne nos tourments, nos moindres peines
car envers la vie on n'a que de la haine,
de la peur, de l'oubli et aussi du mépris.
On veut ignorer ce qu'elle nous a appris,
ce qu'elle nous offre, ce qu'elle nous donne.
A la colère, souvent on s'abandonne.
Se détournant de ses beautés, ses richesses,
on brime tout son coeur de tant d'allégresses
et on oublie de l'aimer naturellement.
On oublie de la remercier tout simplement.
Michèle