EN REMONTANT LA CANEBIERE
Un instant, en remontant la Canebière,
prenons le temps de flâner et de rêver,
relisons ces belles pages inachevées
de cette artère fière et altière.
Elle symbolise toute la Provence.
Son nom fait chanter cygalons et cygales
et les galéjades dont on se régale.
Elle réveille nos souvenirs d'enfance...
Ici même le soleil est plus chaud et plus beau.
"Avé l'accent", on ne peut tromper personne.
C'est l'imagination seule qui résonne.
Les moindres barques deviennent des paquebots.
Rieuse, elle teinte à nos oreilles ;
et sous le soleil, elle fait des merveilles.
Elle exagère mais c'est çà Marseille.
C'est son sourire joyeux qui nous réveille.
Fuyons donc le tumulte des grandes villes.
Ecoutons la cité nous conter ses secrets.
Eloignons-nous des longs regards indiscrets
et suivons-là comme une jolie fille.
Si nous la regardons, si nous l'écoutons bien,
nous pourrons imaginer les plus beaux chemins.
Et puis aussi rendre meilleur notre demain.
Surtout, nous apprendrons à l'aimer, O combien !
Là, nous révélant garrigues et calanques,
ici, un petit café et son " mastroquet",
puis les jeunes marseillais qui font les coquets
et l'inoubliable partie de pétanque....
Laissons donc Pagnol raconter la Provence.
Ce cinéaste aurait aujourd'hui plus de cent ans,
romancier, amoureux de Marseille d'antan.
Il a fait chanter Marseille, Notre France.
Grâce à lui, Marseille est un symbole,
un mythe sauvé de la tourmente folle
des grandes villes tristes qui virevoltent
car Marseille est un oiseau qui s'envole.
Un oiseau gazouillant les parties de cartes,
un prince de l'azur qui se moque du temps,
qui vit doucement au gré des jours et des ans.
Soleil et amour sont ses seules pancartes.
Un havre de paix tellement beau, merveilleux
qu'il cède à la folie des grandes villes
une part d'espoir, rêverie juvénile,
comme un cadeau d'un monde encore heureux.
Laissons-nous guider par Marius et Fanny,
fauteurs sacrilège de l'amour coupable
qui les rend amoureusement adorables.
Bénissons les garrigues, tous leurs petits nids.
Ecoutons Escartefigues et puis César
vociférant des propos si dérisoires
qu'en souriant on a peine à les croire.
Relisons doucement ces pages au hasard....
Michèle