EMERAUDE
Ma lumière verte, O mon émeraude,
tu brilles dans mes yeux clos ; je t'adore.
Tu es un doux réconfort après l'orage
tumultueux qui a mis mon coeur en cage.
Petit point lumineux, presque évanescent,
je te devine à peine ; je te ressens.
Ta présence douce, quasi invisible
est mon point de repère furtif, ma cible.
Tu me rassures sitôt que tu apparais.
Tout s'illumine alors ; tout devient doré.
Mon univers intérieur se colore
d'un indicible espoir, tendre aurore.
Doucement rassérénée par ta présence,
en la vie, peu à peu, je reprends confiance.
Mais brutalement tu t'enfuis, clin d'oeil trompeur.
J'émerge donc de mon rêve, de ma torpeur.
J'ouvre les yeux sur le vide, le quotidien.
Mais je sais que tu es là, invisible lien,
mirage facétieux, toi, fantôme coquin,
comédien chaleureux en habit d'arlequin.
Je souris à la vie devenue si douce.
Ta présence suggérée, divine source,
lueur furtive, prêteuse d'aisance
désaltère tout mon être d'espérance.
Michèle