FANTOMES ERRANTS
Tu traverses la vie comme un fantôme,
bien à l'abri du regard des autres hommes
qui d'ailleurs ne savent plus voir ni entendre,
qui ont oublié tous ces gestes si tendres,
qui ont oublié la chaleur d'un sourire,
qui ont oublié l'affection et le rire.
Ils ont traversé la vie comme un stade.
Petit à petit, l'amitié est façade
dans un univers de rude compétition
où ils doivent satisfaire leurs ambitions
de réussite visible, donc de gloire.
Leur unique but est leur seule victoire.
Ils recherchent d'abord les honneurs, la grandeur
pour masquer au fond de leur coeur leur froideur,
leur vide absolu et leur solitude
qu'ils cachent par orgueil ou par habitude.
Leur vie n'est plus qu'une course de haie, froide,
sans sentiment, pitié. Leur coeur est si roide
et peu à peu, il devient si atrophié
qu'ils n'osent plus alors se confier.
Leur coeur est fermé aux autres, inexistant
car passants indifférents, ils n'ont plus le temps.
Ils marchent ; ils vont ; ils viennent, invisibles.
Aveugles et sourds, ils sont inaccessibles.
Michèle