LA MER DE LA VIE
Il est un monde et il est un océan
où le ver de terre affronte les géants,
un ver de terre ou même un souriceau,
un fétus de paille sur les profondes eaux.
Tout être est jeté dans la vie, dans la mer
pour se débattre entre le doux et l'amer.
La vie est une grande mer grandiose, immense.
La vie est un rude combat dès l'enfance.
On apprend à nager dans des eaux très calmes,
ou bien on entre dans la vie, les yeux pleins de larmes.
On peut vivre longtemps bien à l'abri d'un port,
connaître des joies et de délicieux transports.
La mer de notre vie est alors si douce
qu'on y vit douillettement sans secousses.
Là, les tempêtes furieuses sont inconnues.
Là, on vit calmement, calme ingénu
et l'on n' imagine même pas la rage de l'eau ;
on vit tout simplement sous de tranquilles flots.
La tempête n'est qu'au loin, comme l'orage
car, là, tout est calme, pas de nuages.
On ne connaît que le bonheur, le soleil.
La vie est délicieuse ; c'est un doux réveil.
Là, il ne souffle pas le vent du malheur.
Là, tout n'est que calme, douceur et bonheur.
Puis, tout à coup, la mer, au loin se déchaîne
et dans sa fureur violente nous entraîne.
Brusquement, le vent de l'angoisse se lève.
Les grandes vagues de la peur se soulèvent.
Les douloureux soucis affluent et nous rongent.
Ils nous terrassent soudain. Fini le songe.
L'écume de la peur, la froideur de la mer
rendent notre destin peu à peu bien amer.
Il faut vaincre la tempête des épreuves.
La vie des hommes est un grand fleuve.
Michèle