Je me plais souvent à savourer ces heures,
heures où le silence vivant demeure,
heures loin de ce monde fraternitaire.
J' hume doucement ces heures solitaires.
Là où le tumulte stupide s'arrête,
là où je peux vivre enfin dans ma tête.
L'agitation est morte pour un court moment.
Le bruit est happé dans de stériles tourments.
C'est un autre monde qui s'ouvre devant moi.
Mon esprit alors réceptif est en émoi,
attentif à cet univers inaudible,
échappé de cette fureur, cette cible.
Mon être est libre jusqu'alors prisonnier.
Mon être est heureux, là dans son pigeonnier.
Il peut vivre enfin ; il peut voir, entendre.
Il peut écouter des musiques si tendres...
Il vit dans l'éther et il vit dans ses pensées,
dans le luxe du calme, loin des gens pressés
car c'est un ange qui rejoint l'invisible.
Pour un court moment, il atteint l'indicible.
Michèle