Il court, il court le monde. Elle court la vie.
Chacun s'agite, revendique ses envies
en une course effrénée, précipitée.
Chaque être en ce monde veut se hâter.
Courir éperdument à perdre haleine,
encore, fébrilement ; rien ne le freine.
Il court ; il court toujours ; il court ; il ne sait où.
Il est exténué mais il va jusqu'au bout.
Toujours droit devant lui, il se précipite
car de la vie il espère le mérite.
Son parcours quotidien est jonché d'épines.
Mais parmi les ronces, toujours il chemine.
Il se griffe chaque jour ; il s'égratigne.
Mais il demeure fier ; il demeure digne.
Il est né pour souffrir ; il est né pour mourir.
L'Espérance seule doit lui appartenir.
Car chaque être au fond de lui espère
silencieusement une vie moins amère.
Il colore sa vie de désirs retenus.
Il voudrait tant et tant dans son coeur seul et nu.
Alors, il cherche ; il cherche là en transe.
Il va armé de sa seule espérance
parmi les épines conquérir la rose,
le bonheur ultime où sa foi repose.
Mais dans sa course effrénée, précipitée,
obnubilé, aveugle, il va se hâter
et pour atteindre toujours d'inaccessible
il ne verra pas son vrai bonheur possible.
Et en voulant cueillir la rose suprême,
il foulera ces boutons d'amour qu'on aime,
boutons de tendresse et boutons d'émotions
car le vrai bonheur est un bouquet d'affection.
Michèle