Là, emportés par le silence et le bruit,
nul ne peut voir encore que le soleil luit
car absorbé par un stupide tapage
les hommes sur terre sont sur un orage.
Et ils sont noyés par leurs cris trop silencieux
cris longtemps étouffés qui se taisent aux Cieux.
Là, les hommes s'agitent mais ils sont muets.
Et que peuvent-ils dire ? Ils sont si fluets.
Les hommes s'agitent mais ils sont aveugles.
Au moins, peuvent-ils voir le monde qui beugle ?
Les hommes s'agitent sans fin mais ils sont sourds.
Ils ne peuvent plus rien. Leur fardeau est trop lourd.
Alors, ils plongent dans un silence criard.
Ils sont désormais si seuls ; ils sont des milliards.
Ils sont nés pour vivre ; ils sont nés pour mourir.
Mais cette vie au moins savent-ils la chérir ?
Homme, homme, que fais-tu donc ici, si seul ?
Ta vie n'est-elle donc à jamais qu'un linceul ?
De ta vie, n'es-tu qu'un stupide prisonnier
que ta raison de vivre, il te faille la nier ?
Homme, homme, relève-toi, il faut vivre.
Homme, homme, de la vie, tu dois être ivre.
Le monde t'adore, t'appartiens désormais.
Tu es né pour vivre. Tu es né pour aimer !
Michèle