Si longs sont les jours animés par l'attente,
happés par un horizon flou qui nous hante.
Ils sont immobiles ; ils sont inutiles.
Ils sont dérisoires ; ils sont si futiles.
Perdus dans le vide, entre parenthèses,
froids dans l'attente, désormais ils se taisent.
Ils égrènent leurs heures tristes, lentement.
Lourds et nus, ils n'existent que pour un moment.
Pourtant ils vont dominer de leur inertie.
Ils imposent froidement leur suprématie.
Petits soldes du temps, ils tiennent le siège
car la forteresse du Temps, ils l'assiègent.
Ils s'imposent en dressant la barrière
qui retient si fort le futur en arrière,
omnipotents sous leurs faux airs débonnaires.
Imperturbables, ils sont autoritaires.
Ils imposent leurs lois ; ils imposent leurs jours.
Ils ne disent plus rien mais ils disent toujours
car ils sont là, campés sur leurs certitudes.
Ils envahissent notre vraie solitude.
Par leur silence et leur immobilité
ils rongent peu à peu notre sérénité.
Ils sont là présents et patients tout à la fois.
Ils attaquent notre espoir et notre foi.
Mais eux aussi du Temps seront les prisonniers
et à leur tour capturés dans leurs pigeonniers
ils devront rendre les armes de l'attente,
happés par un horizon flou qui les hante.
Michèle