Tu te crois libre et puissant petit homme
capable de décider et autonome
parce que tu commandes quelquefois, parfois ;
en toi-même et en toi seul, tu as la foi.
De tes pouvoirs, tu as même le vertige ;
tu es le roi, le seigneur car tu diriges.
On t'obéis, on te crains, on te redoute ;
on te voit, on te regarde, on t'écoute.
Envers toi, on a aussi des déférences ;
du lot commun, cela fait la différence.
Mais cela résume ton omnipotence
car là seulement est ta puissance.
Tu peux commander les hommes mais rien d'autre.
Car de l'univers tu ne peux être l'apôtre.
Le monde, le ciel, la terre, la nature,
de tous tes pouvoirs sont les seules figures.
Tu dois te plier à leurs exigences.
Ta supériorité n'est donc pas immense.
Le Temps, les Forces, la Vie et le Mouvement
écrasent tes richesses éternellement.
Tes droits superficiels et éphémères,
ta liberté conditionnelle errent.
Fétus de paille soufflé par l'Eternité,
tu n'es rien face à toute l'immensité.
Michèle