Parmi les morts vivants, je ne suis qu'un passant ;
pourtant, pareil à eux, je suis fait de chair et de sang.
Je leur ressemble mais me sens si différent.
Dissemblable, je ne suis pas le même rang.
Je ne partage ni leurs jeux ni leurs rêves.
Je suis si seul, silencieux sur la grève...
Fou solitaire dans cette multitude.
La masse n'engendre que la solitude.
Car le grand nombre divise et sépare
et d'un immense désert humain se pare.
Les hommes ne sont plus que de très grands rochers
et à leur solitude ils sont accrochés.
Blocs de pierre isolées quoique rassemblées,
ils sont si seuls même dans une assemblée.
Ils échangent des paroles, des sourires
mais dans leur âme, ils ne savent plus rire.
Ils bavardent mais ils ne communiquent plus.
Le dialogue, ils ne le connaissent donc plus ?
Ils ne connaissent que le bruit et les mots.
Ils ont peur ; ils sont seuls. Voilà leurs plus grands maux.
Michèle