Homme, lourd agglomérat de certitudes
car tu vis dans une masse d'habitudes ;
tu vas, tu viens selon un rythme bien précis ;
sur cette vie bien établie, tu es assis.
Marionnette, tu as ton propre programme.
Tu vis toujours à l'abri des pires drames,
toi, le passant protégé par ta monotonie ;
mais ta vie, hélàs, n'est plus une symphonie.
Tout au plus, le bruit et les mots t'illusionnent.
Tu t'assourdis et feuille, tu tourbillonnes.
Tu ne rêves plus ; tu ne penses même plus
car le goût de la réflexion tu le l'a plus.
Tu te réchauffes à la flamme des autres.
Tu te rallies aux grandes idées des autres.
Tu préfères le confort des certitudes
et le paravent douillet des habitudes.
Car la pensée engendre souvent l'angoisse
et l'esprit est comme du papier qu'on froisse,
torturé par la terreur froide du doute
et les nombreuses erreurs que l'on redoute.
Que choisir : l'eau calme, dormante, sans vagues
ou le torrent de pensée où l'esprit divague ?
Petit homme, tu es cette eau humaine.
Que faire ? Que penser ? Où tes pas te mènent ?
Michèle