Lorsque tu souffres, lorsque tu as vraiment mal,
ta vie est comme arrêtée ; rien n'est normal.
Tu concentres tout ton être sur ta douleur.
Ton coeur est un tissu d'angoisses et de pleurs.
Toute ton énergie s'est alors endormie.
Ton corps est douloureux ; tu ne vis qu'à demi.
Ta vie est suspendue entre parenthèses
et comme étouffée ; tu n'es plus à l'aise.
Puis, le monde désormais n'est plus ton monde.
La terre, pour toi, n'est plus tout à fait ronde.
Tu es présent mais tu es pourtant hors du temps.
Les minutes , alors, ont la longueur des ans.
Tu es prisonnier de ton corps, de ta douleur.
Humain étranger, ton monde n'est plus le leur.
Tu vis en marge car tu vis dans ton île.
Tu vis dans u monde calme, immobile.
Tous tes maux sont des remparts, une frontière
car la maladie est une barrière
entre les hommes un mur infranchissable.
Tu restes seul, abandonné, sur le sable.
O, douleurs, vous engendrez bien des souffrances.
O , douleurs, vous engendrez des différences
telle une guerre séparant les hommes.
Vous semez un grand vide entre les hommes.
Michèle