Enfant, tu veux te lever ; tu veux te dresser.
Tu veux progresser, sur tes jambes te hisser.
Mais d'un mouvement hésitant tu culbutes.
Tes premiers essais sont tes premières chutes.
Adolescent, tu es encor plus sûr de toi.
Orgueilleux, du monde tu ne veux voir que le toit.
Des premiers succès déjà tu cries victoire.
Ton coeur ambitieux est tant épris de gloire.
Pourtant, tu tomberas bien plus souvent qu'avant.
Ta connaissance de la vie faite de vent
t'occultera en fait ce qui est essentiel.
Ton monde sera irréel, immatériel.
Adulte, as-tu acquis la maturité ?
As-tu enfin de la vie la sérénité,
la compréhension et aussi la sagesse,
ou bien n'as-tu accédé qu'à ses faiblesses ?
Te laissant guider, porter avec mollesse
ou n'ouvrant ton coeur qu'à l'argent, aux richesses,
n'as-tu fait de ta vie qu'une prison dorée
où l'Amour ne peut plus être incarcéré ?
Si de ton existence tu fais le bilan,
de nombreuses chutes, des progrès plutôt lents
ont sanctionné ainsi toute ta traversée
en dépit des années que tu as vues passer.
Au soir de ta vie, vieillard, qu'as-tu appris ?
De quoi ta vie, ton coeur, ta foi se sont épris ?
Michèle