L'être humain vit dans son seul univers,
cloisonné dans ses certitudes, ses travers,
sûr de lui et pourtant trébuchant sans cesse,
s'efforçant surtout de cacher sa détresse.
Sous des dehors de fausses apparences
de joies, de bonheur, de belles assurances,
affiche un air heureux, satisfait, content
pour enfouir ses peurs, ses craintes, son mauvais temps.
La pluie et l'orage intérieur de son coeur,
ses ambitions, ses doutes, toutes ses rancoeurs,
incertain de lui et incertain du monde.
L'espérance, le désespoir se confondent.
Dans sa vie, dans son esprit et dans son âme,
il hésite ; souvent vacille sa flamme.
Tout au fond de son coeur, l'homme se sent bien seul.
Il est incarcéré comme dans un linceul.
Alors pour tromper sa grande solitude,
il se jette, se noie dans la multitude,
isolé dans la masse et dans la foule,
il néglige son âme qui se défoule.
S'abandonnant au nombre et puis au vide,
il se distrait, se saoule et puis débride
ses fausses joies, son enthousiasme imposé
par une société trop souvent médusée.
Alors, il va rire, rire, rire très fort
pour exister, pour se prouver qu'il n'a pas tort,
qu'il n'est pas condamné et qu'il est aimé
tel un brin de muguet au joli mois de Mai.
Signe d'amitié, d'amour et porte bonheur
entre tous les hommes qui ont encor un coeur.
Michèle