Petit homme, tu es ton propre jardinier ;
chaque jour à la terre tu es très lié
plantant avec force ta belle volonté,
tu veux recouvrir ton champs de témérité.
Et tu creuses d'abord le sillon de ta vie
en évaluant déjà touts tes envies ;
tu construis en pensée ton chemin, ton destin ;
ta terre ensemencée est un grand festin.
Tu as labouré cette terre fertile
si riche de promesses les plus subtiles.
Tu attends avec fierté ta belle moisson.
Ton coeur et ton esprit battent à l'unisson.
Mais humble paysan, tu devras travailler
et chaque jour mettre le pied à l'étrier.
Ta récolte est fragile, vulnérable ;
tu devras braver les regards méprisables.
Les beaux plants recevront le vent des injures
parfois même la grêle qui dénature
les promesses les plus belles, l'espérance...
L'espérance qui a perdu la confiance.
Ils s'inonderont de la pluie des vieux jaloux.
Prend garde donc : tu vis parmi les loups !
ou alors, tu te brûleras à ton soleil
orgueilleux et fier, tu ne seras plus pareil.
Tu te dessècheras d'un feu égoiste
et anéantiras tout e qui existe
par les flammes de ta splendide arrogance.
Tu incendieras les espoirs de l'enfance.
Ou alors par paresse ou négligence
tu te laisseras séduire par la danse
des herbes folles et de la facilité,
livré au hasard en toute aménité.
Tu oublieras de cultiver ton beau jardin,
abandonné par insouciance ou dédain,
envahi par les orties ou bien les ronces.
Au jardin de sa vie, parfois on s'enfonce.
Petit homme, tu es ton propre jardinier
et chaque jour tu devras te sacrifier
car, humble paysan, tu devras travailler
et à ta récolte devras toujours veiller.
Michèle