Tu es planté, là, seul, dans ta petitesse
et tu es immobile dans ta tristesse.
Ton univers est petit, étroit, circonscrit,
bien délimité, fixe, où tout est écrit.
Du matin au soir, programmé et arrêté.
Il n'y a pas de place pour la nouveauté.
Car tu réagis comme un petit soldat.
Tout est minuté, contrôlé,, même tes pas.
Toujours les mêmes lieux, les mêmes rencontres.
Ta vie est remontée comme une montre.
Chaque jour, chaque minute, chaque matin,
comme un leit motif, c'est le même train-train...
Tu vis dans un monde et dans un espace
bien clôturé où il n'y a pas de place.
Lorsque parfois, tu t'évades de ta ville
et sur une colline tu te défiles.
et tu regardes ton univers quotidien :
juste quelques tâches sombres, des petits riens...
des toitures, des voitures minuscules,
c'est en somme, quoi, en fait, bien ridicule !
Tu es comme la chèvre de Monsieur Seguin
détaché de ton pieu , libre et serein
car, ici, pas de limites apparentes,
pas d'angoisses, d'étouffement qui te hantent...
L'infini, partout, à perte de vue, toujours,
comme un beau matin clair, comme un bonjour
éclatant de bonheur, de joie, de lumière,
embrassant tout d'un coup la terre entière.
Dans cette immensité calme, sereine
que nulle borne étroite retienne
la Nature s'interpose donc à l'Humain
petit, démuni. Elle lui tend la main.
Elle lui dit : "vois, écoute, et à demain...".
Michèle