Souvenirs, vous êtes perdus dans nos brumes,
dans nos rêves évanouis qui s'enfument,
qui s'enfuient dans un brouillard épais ;
ils sont absorbés, désormais ; ils sont happés.

Ils ont traversé la muraille de l'oubli ;
toutes leurs douceurs ont été ensevelies ;
c'est une chaleur tendre, partie en fumée,
ont disparu aussi tout ce qu'on a aimé.

Nos peines se sont peu à peu cicatrisées
sous le baume du temps, du vent, des alysés ;
notre coeur ne saigne plus de nos souffrances
car il s'éveille à un bain de jouvence.

Souvenirs, vous demeurez pourtant si présents ;
c'est parfois de la nostalgie que l'on ressent,
qui parle à notre mémoire en cage,
une mémoire engluée de mirages.

Souvenirs, vous êtes de sombres fantômes.
Vous envahissez parfois le toit de chaume
de notre sensibilitési fragile ;
vous vous glissez en nous de façon si subtile.

Vous nous pénétrez jusqu'à nous meurtrir.
Vous torturez notre coeur jusqu'à le pétrir.
Vous ravivez des peines juste assoupies.
A notre angoisse, ne laissez de répit.

Partez, nous ne voulons plus vous appartenir.
Souvenirs, souvenirs, laissez vous donc mourir !
Michèle