Je rêve souvent d'un monde splendide,
un monde si léger et tellement fluide
qu'on pourrait y vivre sans même respirer
où la vie elle-même serait inspirée.

Et l'être élargi dans son ubiquité
pourrait savourer enfin sa sérénité.
Il jouirait de tout dans son intégrité
car il connaîtrait désormais la vérité.

Et il ne vivrait plus dans un temps attaché,
un temps tronqué où il ne peut que trébucher.
Ce serait un temps libre de contingences,
un temps éternel et un temps sans séquences.

Hors de cette vie présente et étriquée
que l'homme s'acharne souvent à critiquer,
l'être s'élèverait tout naturellement
échappant à la grisaille des courts moments.

Je rêve souvent d'un splendide royaume ;
les êtres seraient frères sans être hommes.
Par la grâce de l'amour seraient semblables
Je rêve d'un grand royaume admirable...
Michèle