Ce matin, un ciel si bas, lourd et nuageux
cache de ce monde éternel tout le jeu.
La mer se confond sous cette couverture
de nuages blanc-gris qui la défigure.

Les collines, au loin, paraissent absentes
comme effacées ; tout à coup, non présentes.
On ne connaît plus ce monde habituel
subitement plongé dans ce ciel irréel.

Les arbres cachés aussi nous abandonnent ;
la brume envahissante de l'automne
emporte tous nos compagnons, nos fantômes ;
là, on ne distingue même plus les hommes.

Pourtant par ce mêm miracle éternel
la brume grise se dissipe dans le ciel ;
ce grand rideau qui paraissait invincible
s'estompe et désormais tout est possible.

La vie révèle sa beauté féérique.
Tout doucement, par une action magique,
le monde manifeste toute sa clarté,
le soleil éclairant cette félicité.
Michèle