Soudain, plus aucun bruit, le tumulte cesse.
Plus rien, seulement de l'air une caresse ;
c'est là un grand vide qui emplit la pièce ;
la fin d'une prison d'un coeur qui, en liesse
peut maintenant être à l'écoute, attentif,
et briser ses dures chaînes être réceptif.

Dès lors, il peut entendre car il n'est plus sourd ;
un univers nouveau dans un silence lourd.
C'est une plongée dans des eaux très profondes
où la mort et la vie soudain se confondent
comme happés sous un large fond abyssal,
peuplé d'immensité, inerte et glacial.

Le silence, c'est un autre monde, calme
où l'agitation, les cris rendent les armes.
L'inconnu, l'invisiblepenvent s'exprimer
comme des fantômes qui étaient opprimés
et brusquement se libèrent du joug bruyant,
assourdissant, remuant, d'un monde criant.

C'est un univers presque inaudible
d'électrons, d'éons quasi inaccessibles
qui sifflent dans le silence impassible,
magnifique dans sa grandeur indicible.
Michèle