Ton corps est étroit, tout petit,
dans la tristesse s'apesantit.
Il se recroqueville,
penché sur ses béquilles.

Se raccrochant à l'habitude,
il cotoye la multitude ;
il est perdu dans la foule,
c'est un fantôme qui roule.

Mais harcelé par le doute
parfois sa vie le déroute ;
il est là, il s'anime
dans la foule anonyme.

Il est là, il déambule
loin des conciliabules ;
pourtant parfois ses yeux se redressent
vers le ciel plein de promesses.

Le regard empli d'espérance,
il regarde son enfance ;
il imagine sa vie,
une vie folle d'envies.

Une vie qu'il idéalise
de bonheur qu'il prophétise ;
il se berce de doux rêves,
pour un moment, pour une trêve.

Petit corps trop morcelé
dans ta vie écartelé,
dans ton vêtement trop étroit,
tu éclates par endroits.

Et tu rêves d'un ailleurs
tu rêves d'un sort meilleur.
To présent est insuffisant ;
ton présent est souvent absent.

Alors tu ambitionnes
un ciel qui tourbillonne.
Tu survoles ton azur ;
tu imagines ton futur...

Petit corps, tu grandiras ;
un jour, ta vie s'éveillera !
Michèle