Absorbés par un gigantesque tourbillon,
happés, emportés dans un très vaste sillon,
poussés par la vie, poussés par l'existence,
nous ne pouvons nous arrêter, en instance,
un moment pour regarder, écouter la vie,
ou bien pour éprouver le besoin ou l'envie
de vivre à l'intérieur de nous-mêmes,
à l'écoute de notre être suprême
et s'évader quelquefois du lit du torrent,
des flots impétueux de la vie qui nous rend
étranger à nous-mêmes, à notre être,
occupés seulement de devoir paraître.

Parlant, riant, toujours en représentation,
toujours en perpétuelle agitation.

Mais l'être humain est un pauvre animal ;
chien de cirque, il trouve tout à fait normal
de faire son numéro, jouer son rôle.
Il s'incorpore, il agit, il s'enrôle.

Vivre pour lui, c'est plonger dans ce flot mouvant ;
c'est bouger toujours, sans cesse, faire du vent...
Michèle