Tous les jours, tous les matins, c'est le même flux,
tous les soirs, systématiquement, le reflux ;

cette triste marée humaine qui s'en vient,
inexorablement toujours et qui revient
comme les chevaux des vagues au grand galop
puisant toute leur énergie dans la mer, l'eau ;

la grande bleue fixe et détermine
le mouvement perpétuel et sa mine
est le reflet permanent de l'existence,
un tangage alternatif en instance.

Les hommes pareils à un flot, vont et viennent,
encore et encore, quoi qu'il advienne...

Le matin, des visages tristes et blafards
en dépit des faux sourires, de tous les fards.

Comme une vague grise qui vient mourir
sur une plage et qui doit s'évanouir,
les hommes bandonnent là tous leurs rêves
comme un enfant son jouet sur la grève...
Michèle