Soldat des villes, homme soumis,
tu ne vis ta vie qu'à demi,
empêtré dans tes habitudes,
prisonnier de la multitude.

Tu es l'otage volontaire
qui va accepter de se taire
pour un confort si dérisoire
et pour un bonheur accessoire.

Au nom d'une liberté tronquée,
au nom d'un grand miracle manqué
tu sacrifies ton existence,
tu sacrifies ta jouissance
à l'autel géant de ton oubli
loin de tes plaisirs, loin de ton lit.

Homme libéré mais O combien prisonnier,
tu abandonnes ta vérité, ton grenier
car tu te vides de ta personnalité
en te noyant dans la foule, l'immensité.

Tu pers alors ton individualité,
tu travestis peu à peu ton intégrité
au doux royaume de la matérialité.
Homme libre, mais où est donc ta Vérité ?
Michèle