Mon coeur est triste, lourd ; mon coeur est prisonnier.
Pourquoi ne reste-t-il pas dans son pigeonnier,
dans son jardin merveilleux, si lointain, secret,
dans son lit, à l'abri des regards indiscrets,
à la fontaine où il peut se ressourcer
là où tout bruit inutile devra cesser ?

Là, silence et calme règnent en maîtres
car dans cette paix, il n'y a plus de traîtres.
Il n'y a plus de grands cris, de faux sourires.
Il n'y a plus ce gros vide qui déchire
l'âme tourmentée, l'âme seule et isolée,
l'âme dépossédée, triste, l'âme violée
et happée par un tumulte assourdissant
qui met son être meurtri à feu et à sang.
Etre s'agitant de façon dérisoire
dans une ruche suprême, accessoire.

Pourquoi ne reste-t-il pas dans son pigeonnier...
mon coeur triste, lourd, mon coeur prisonnier ?
Michèle