Perdu, le monde éclate de toutes parts ;
là-bas des barricades, ici des remparts
pour se défendre, se battre, se révolter
pour affronter l'ennemi et toujours lutter.

Agressé, le monde est malade, meurtri
dans sa chair et son coeur, il ne pousse qu'un cri :
"Assez ! Assez ! Mais il est sourd et aveugle
impuissant comme une vache qui meugle.

Perdu, indifférent à sa propre douleur
il se cache les yeux pour cacher son malheur
pour masquer sa honte et puis sa souffrance
il élève un grand mur d'indifférence.

car il ne veut plus voir son corps ensanglanté
d'égoïsme, de haine, de méchanceté.
Là, il souffre de la faim ou de la guerre ;
mendiant perdu et abandonné, il erre...

Ici, il devient fou et désorganisé.
partout le trouble car il n'est plus avisé.
Il se bat contre lui-même, se suicide.
Il est exsangue, blessé, son corps se vide.

Monde malade, incapable de crier,
monde en folie, tu es ton seul meurtrier.