LA MER
Mer immense, puissance mouvante,
incessamment tu caresses de tes flots
capricieuse comme une amante
sans jamais trouver le repos.

Insondable, personne ne peut te connaître
car, tour à tour tu peux paraître
douce, calme, avenante
ou agitée, emportée et violente.
Tantôt tu flirtes avec le soleil;
tes reflets sont sans pareil;
le ciel bleu en est amoureux.
Tout est idyllique; tout est merveilleux.
Tantôt tu t'allies au vent, le diable;
ta force se déchaîne, devient redoutable;
les vagues grondent, écument; c'est la tempête.
Irascible, indomptable, plus rien ne t'arrête.
Différente, changeante, tel Janus aux deux visages.
Ensorcelleuse, enjoleuse, tu nous séduis par tes mirages.

Bleue, aux reflets dorés du soleil, tu es calme et douce
et tu nous invites à partager ta couche.
Verte, tu es tonique, vivante et mille bateaux
vont à la découverte de tes profondes eaux.
Grise, tu es triste, solitaire, abandonnée;
furieuse, dangereuse, semblable à un anima blessé.

Contre qui manifestes-tu ces épouvantables colères ?
Contre l'homme qui oublie que tu es si belle
et qui souvent te rejette comme une poubelle
ignorant que tu es le sel de la Terre
te sacrifiant aux déchets de sa civilisation
au nom d'un certain progrès, d'une inévitable dévastation.

Mer, toi qui es notre mère nourricière
sauras-tu pardonner ces erreurs grossières
et continueras-tu à nous donner ta beauté, ts richesses
afin que l'homme, à tout jamais, ne disparaisse?